Mme Yolanda DIAZ, ministre d’extrême gauche de la coalition gouvernementale espagnole a fait une déclaration assez surprenante sur le Maroc, son système de gouvernance et son intégrité territoriale :
«J’ai une position très claire sur le Maroc et le Sahara occidental. Je suis consciente qu’il faut bien sûr prendre au sérieux notre voisin le Maroc, mais il faut aussi savoir que le Maroc est ce qu’il est : une dictature».
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Réponse à Mme la Ministre Yolanda DIAZ :
À son Excellence,
Mme La Ministre du travail Espagnole Yolanda Diaz ;
Mme la Ministre,
En réponse à votre intervention publique accordée à la chaîne télévisée Sexta, où vous n’avez point caché vos sentiments de rejet envers notre système de gouvernance au Maroc le qualifiant de « dictature » (rien que cela!), et votre opposition au plan d’autonomie du Sahara marocain proposé par mon pays et soutenu par votre chef du gouvernement Son Excellence Mr Pedro SÁNCHEZ ;
je tiens à apporter certains éclaircissements à vos préjugés et présomptions, s’agissant de mon pays ainsi que les valeurs et usages millénaires qu’il n’a cessé de défendre et d’améliorer.
Mme la Ministre,
Je crois qu’en cultivant dans votre parti, comme dans votre propre esprit, une haine viscérale et constante à l’encontre de mon Royaume, vous ne faites qu’accroitre le risque d’échec du rapprochement entrepris par nos deux pays et le développement mutuel qui en découlerait et auquel nous aspirons tous. Une erreur de jugement qui peut coûter beaucoup plus cher au peuple Espagnol qu’à son homologue marocain, au regard de la situation géopolitique africaine actuelle, qui semble, au demeurant, vous échapper complètement.
Mme la Ministre,
Je crois que dans la feuille de route signée entre nos deux pays, que vous évoquez dans votre interview, vous semblez omettre de citer, et désavouez complètement un principe essentiel sur lequel ont été REPRISES les relations entre nos deux pays : le respect mutuel. Or l’un des fondements déterminants de cette déférence réciproque est celui d’accepter l’autre pays, tel qu’il est, tel qu’il existe (institutions et population confondues), sans y interférer et sans y intervenir.
Mme la Ministre,
Le peuple marocain ne vous a jamais demandé de le protéger ou de lui enseigner la manière de gérer ses propres affaires. Car les marocains, voyez vous Mme la Ministre, ne sont ni aliénés ni incapables, et n’ont de ce fait aucun besoin de recourir à un quelconque procédé de représentation par tuteur ou responsable…
Le Maroc est encore moins un élève ou un apprenti qui a besoin qu’on lui enseigne la manière d’administrer ses propres entreprises ou activités…
Le Maroc, Mme la Ministre, n’est pas non plus, une création de l’Espagne ni l’un de ses départements ou l’une de ses contrées. C’est un Royaume ancestral qui a su se développer, selon ses intimes principes et valeurs, avec ses propres institutions, des siècles durant.
Dois-je vous rappeler, Mme la Ministre, que le Maroc, avec un système de gouvernance identique ou équivalent, a pu occuper l’Espagne pendant plus de 750 ans!!!
Dois-je vous rappeler que les vestiges culturels et scientifiques légués par les conquérants marocains en Espagne peuvent toujours vous attester de leur intelligence et de la grandeur de leur Esprit!!!
Or, Mme la Ministre, dans ce même ordre d’idées, et au nom des principes démocratiques que vous affirmez vouloir défendre, Puis-je vous demander de nous énumérer les actes et vestiges que vous avez légué, ou que vous comptez rétrocéder à mon pays, après votre départ des zones que vous aviez occupé ou celles que vous continuez à coloniser ???
Des hôtels, des cafés et des restaurants!!! Une culture répulsive et exclusive!!! Un esprit révolutionnaire et insurrectionnel!!! C’est cela l’histoire que vous voulez défendre au nom de la liberté de parole et de gouvernance !!!!
Et si vous êtes un aussi fervent défenseur du principe des libertés d’expression et celui du choix des citoyens, s’agissant de la gestion de leur propre destin politique, pourquoi refusez vous au peuple Catalan son droit à l’autonomie et sa revendication d’indépendance, au nord de l’Espagne? Au nom de quels principes de droit universel, des élus locaux de cette région ont-ils été poursuivis et écroués par la justice Espagnole ?
Mme la Ministre,
La Corrida Espagnole est pour nous autres marocains et musulmans, un acte de brutalité et de barbarie qui fait partie de la culture et des usages espagnoles que nous ne saurions défendre ou cautionner. Mais nous estimons, que ce sont là, des usages propres à votre pays que nous respectons au nom de l’estime réciproque que nous sommes obligés de porter l’un envers l’autre, et de défendre pour le bien de nos futures générations.
Mme la Ministre,
Les relations entre le Maroc et l’Espagne ont connu des fluctuations qui ont souvent provoqué des conflits, des réconciliations puis des similitudes de points de vues sur l’avenir mutuel des deux pays.
Le Maroc ne s’est cependant jamais immiscé dans les affaires intérieures de l’Espagne et ne s’est jamais permis de critiquer son système de gouvernance. Car, voyez-vous, Mme la Ministre, nous croyons profondément que les Espagnols sont capables de gérer eux mêmes leurs affaires intérieures et selon leur propre convenance. Et nous estimons que croire ou juger une situation politique d’un pays qui n’est pas le nôtre est une forme d’ingérence que nous refusons d’accomplir ou de développer.
L’Espagne a choisi une monarchie constitutionnelle non active, alors que le Maroc a choisi le système d’une Monarchie entreprenante pour les raisons qui ne regardent que lui. C’est le choix de la majorité écrasante des marocains… Et si une infime minorité revendique le contraire, nous vous demandons de revenir à vos propres principes démocratiques pour re-qualifier vos préjugés : car la majorité l’emporte toujours sur la minorité. C’est là, un principe fondamental du jeu politique dans une démocratie, que nous ne pouvons approuver dans un pays et réfuter dans un autre. Autrement ce serait une duplicité avérée que nous ne saurions accepter ni partager.
Mme la Ministre,
S’agissant du Sahara Marocain, je ne peux que vous rappeler l’histoire de cette région qui atteste de son appartenance authentique au Maroc. Ce qui a été expressément reconnu par l’Espagne en 1975 et couronné par les accords de Madrid signés entre nos deux pays durant cette même année.
Or, continuer à tergiverser sur le sort de cette région équivaut à un désaveux des fondements démocratiques que vous affirmez vouloir défendre. Ce qui revient à croire que votre idéologie semble plutôt soutenir le principe d’occupation et de néocolonialisme que vous voudriez perpétuer dans cette région. Ce qui ne saurait aider nos deux pays à construire une nouvelle ère de relations assise cette fois, sur les bases de confiance et de respect mutuels.
Mme la Ministre,
Je crois qu’il n’est pas juste de notre côté, d’interdire à une quelconque personne majeure et responsable de penser de la manière qui lui sied. Mais lorsqu’il s’agit de déclarations publiques, et donc officielles, émanant de surcroît d’un haut responsable, la seule allusion à de de tels préjugés est en elle-même un grief porté à notre confiance et donc à notre respect mutuel.
Mme la Ministre,
Nous osons croire, ici au Maroc, que les relations entre nos deux pays puissent se développer de manière saine et ampliative sans trop s’attarder sur notre histoire antérieure. L’avenir de nos futures générations en dépend. Et s’agissant de nos différends, nous avons toujours privilégié un règlement par voie amiable et diplomatique. Nous ne comptons pas changer de méthode ni de principes, sauf si l’Espagne continue indéfiniment de s’ingérer maladroitement dans les affaires intérieures et intimes de mon pays.
En comptant sur votre intelligente compréhension,
Veuillez agréer, Mme la Ministre, l’expression de notre respect réciproque.











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