Al-Qaïda menace la seule autoroute reliant le Maroc à l’Afrique subsaharienne

euromagreb21 أكتوبر 2021آخر تحديث :
Al-Qaïda menace la seule autoroute reliant le Maroc à l’Afrique subsaharienne

Rabat / Bamako, 19 oct (EFE) .- L’expansion des djihadistes au Mali menace des dizaines de camionneurs marocains qui transportent chaque jour des marchandises vers l’Afrique subsaharienne, après qu’Al-Qaïda a attaqué la seule autoroute qui relie le Maroc à Bamako, une autoroute de 3 700 kilomètres devenus dangereux.
Tout a commencé lorsque des hommes armés, prétendument issus du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GAIM, fidèle à Al-Qaïda), ont tué un chauffeur de camion et son compagnon, tous deux de nationalité marocaine, le 9 septembre.
L’attaque visait un convoi de camions transportant du poisson et des fruits du Maroc vers la capitale malienne, qui a reçu des tirs à volonté alors qu’il traversait la zone de Didiéni, à quelque 200 kilomètres au nord de Bamako.

Mohamed Ouakrim, un chauffeur marocain blessé ce jour-là, explique à Efe qu’il voyageait avec l’un des deux défunts. « Il est mort à côté de moi », se souvient-il au téléphone lors de son séjour à l’hôpital de Bamako.
UN AIMANT PARMI LES ASSASSINS
Bien que dans une première version des événements il ait été dit que le deuxième défunt était également chauffeur de camion, Oukraim précise qu’il s’agissait en fait d’un homme d’une cinquantaine d’années qui a roulé avec lui en Mauritanie et qui, selon lui, était un aimant naturel. de Tiznit, une ville du sud du Maroc.
Après avoir subi une opération à la jambe, il est de retour au Maroc et dans huit mois, il reprendra la route. Certains de ses collègues, dit-il, souffrent d’anxiété après ce qu’ils ont vécu.
“Quand la balle a touché ma jambe, je suis sorti du camion. J’étais en état de choc, je ne comprenais pas ce qui se passait. Ils nous ont attaqués depuis la forêt puis sont sortis pour examiner les dégâts causés”, a-t-il déclaré. dit.
Il explique que les assaillants se sont retirés après l’attaque sans prendre d’objets du convoi, ce qui écarte le mobile du braquage. Pour Oukraim, les djihadistes ont dû se tromper car jusque-là ils ne les avaient jamais attaqués.
En fait, aucun groupe – au Mali, un loyal à Al-Qaïda et un autre à l’État islamique n’est actif – n’a revendiqué cette attaque, mais le 2, le GAIM a revendiqué une attaque similaire perpétrée le 28 septembre dans la même ville de Didiéni. .
Ce dernier s’est soldé par onze camions sénégalais détruits et l’assassinat des cinq gendarmes maliens qui les gardaient, ce qui est plus conforme à la façon d’agir de ce groupe.
DIX JOURS DE CONDUITE JOUR ET NUIT
Pour rejoindre la capitale malienne depuis le Maroc, les camionneurs parcourent environ 3 700 kilomètres. La chose normale est qu’ils mettent dix jours pour les couvrir, à moins que deux chauffeurs ne partent et raccourcissent ainsi le trajet à huit, dont ils utilisent un tout pour attendre les longues files qui se forment à la frontière de Guerguerat, qui délimite le Sahara occidental et Mauritanie.
Une fois au Mali, une partie de la marchandise est déchargée à Bamako, qui est à son tour un point de transport stratégique puisqu’une autre partie de la cargaison continue par la route de là vers différents pays de la région subsaharienne comme le Niger, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. .
Idriss Ramouch, chauffeur et propriétaire d’un des camions qui circulent sur cette ligne fixe, explique par téléphone à Efe depuis Bamako que, malgré la menace djihadiste, les chauffeurs sont déterminés à continuer de se rendre au Mali.
Elle précise que le nombre de camions marocains circulant dans ce corridor varie entre 1 300 et 1 800 véhicules, selon les saisons, dont la moitié quitte généralement la ville de pêche et d’agriculture d’Agadir.
A titre d’exemple, il indique que le coût du transport d’un chargement de poisson vers la capitale malienne peut atteindre 65 000 dirhams (environ 6 200 euros). Plus de la moitié est consacrée au carburant et 8.000 dirhams (environ 760 euros) à l’indemnité de chauffeur, auxquels s’ajoute son salaire mensuel d’environ 5.000 dirhams (environ 475 euros).
ENTRE VILLES DU MALI, ATTAQUES QUOTIDIENNES

La menace terroriste sur les routes ne touche pas seulement les camionneurs marocains, mais aussi les professionnels qui relient le Mali aux ports sénégalais, d’où proviennent 60% des importations maliennes, selon le président du Conseil malien des transporteurs, explique à Efe Youssouf Traoré.
Le responsable malien a expliqué que les djihadistes mènent des attaques quotidiennes contre des camions qui circulent entre les villes maliennes et avec les pays voisins. “Il y a beaucoup de cas entre Gao et Sevaré (au nord) et personne n’indemnise les propriétaires”, déplore-t-il.
Traoré ajoute que les terroristes mènent leurs attaques sur cette route pour punir les camionneurs qui approvisionnent en carburant la Mission des Nations Unies au Mali (Minusma), cible des terroristes, notamment des fidèles d’Al-Qaïda.
A la menace constante déjà subie par les transporteurs maliens s’ajoute celle qui traque les Marocains depuis quelques semaines, touchant entre 70 et 80 camions qui traversent chaque jour la Mauritanie pour entrer au Mali.
Maintenant, ils sont un peu plus agités, mais ils sont tous d’accord dans leur détermination à passer à autre chose. “On ne va pas s’arrêter”, dit Ramouch.
Mohamed Siali et Idrissa Diakité
(c) Agence EFE

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