À Genève, des personnalités de la société civile sahraouie prennent la parole et partagent : pendant dix jours, elles initient des étudiants suisses aux réalités du terrain, aux enjeux géopolitiques du Sahara et aux mécanismes internationaux des droits humains. Un pont unique entre le Sud et le Nord, entre discours militant et formation académique.
Dans les couloirs solennels du Palais des Nations, au cœur du système onusien des droits humains, une douzaine d’étudiants de l’Université de Genève vivent une expérience rare. Du 25 juin au 4 juillet 2025, ils participeront à une formation intensive animée par des militants des droits humains et des experts des provinces du sud du Maroc. Une initiative conjointe de la Haute École de Commerce et de Gestion de Genève (SSBM) et de plusieurs ONG sahraouies, à la croisée des connaissances académiques et de l’engagement citoyen.
Cette formation, à la fois théorique et immersive, plonge les étudiants dans les mécanismes complexes de protection des droits humains internationaux. Ateliers pratiques, simulations de négociations diplomatiques, participation aux sessions du Conseil des droits de l’homme et visites guidées du système onusien sont autant d’outils conçus pour offrir une vision concrète du plaidoyer international.
Au cœur de cette démarche se trouvent plusieurs personnalités engagées en faveur des droits humains dans les provinces sahariennes du Royaume. Parmi elles, Moulay Lahsen Naji, président de la Commission indépendante des droits de l’homme en Afrique du Nord (CIDH Afrique) ; Ayman Okeil, avocat égyptien et président de l’ONG MAAT pour la paix ; et Gajmoula Boussif et Mina Laghzal, respectivement présidentes de l’Observatoire du Sahara et de la Coalition des ONG sahraouies.
Une initiative portée par des acteurs de terrain
Ensemble, ils partagent leur expérience de terrain, leurs outils de mobilisation et leur vision d’un développement durable ancré dans la dignité humaine. Leur objectif : former une nouvelle génération d’étudiants sensibilisés aux enjeux des droits humains dans des contextes de tension, tout en déconstruisant certains récits sur la situation au Sahara.
Au fil des jours, les jeunes participants font plus qu’écouter. Ils s’expriment, questionnent et débattent. Lors des événements parallèles organisés en marge de la session de l’ONU, notamment la conférence du 25 juin sur le « Droit au retour librement consenti » et le panel du 27 juin sur les « Droits de l’homme dans les zones de conflit armé », organisé au Club de la Suisse alpine, plusieurs d’entre eux prennent la parole.
Ils dénoncent les violations persistantes dans les camps de Tindouf, interpellent les ONG présentes et plaident pour que ces réalités ne soient plus ignorées par la communauté internationale. Une forte prise de conscience démontre l’impact de la formation et la capacité de ces jeunes à participer aux grands débats












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