*La profession journalistique marocaine réaffirme son autonomie face à toute surveillance extérieure*

euromagreb19 فبراير 2026آخر تحديث :
*La profession journalistique marocaine réaffirme son autonomie face à toute surveillance extérieure*

Un éditorial publié dans Maroc Hebdo et signé Mohamed Selhami a relancé le débat sur l’avenir du Conseil national de la presse (CNP), dont le renouvellement est au point mort depuis octobre 2025. Sous le titre « La presse doit appartenir à ceux qui la créent », M. Selhami remet en question la création d’une commission provisoire censée pallier la paralysie de l’institution

Dès le départ, il souligne que « le blocage du renouvellement du Conseil national de la presse (CNP) depuis octobre 2025 ouvre une période délicate pour l’avenir de la régulation des médias au Maroc » et admet que la décision du gouvernement de créer une structure transitoire « répond, il faut le reconnaître, à un véritable vide ». Cependant, il prévient : « derrière cette réponse apparemment technique se cache une question fondamentale : la nature même de la régulation de la presse et son indépendance structurelle

L’indépendance statutaire au cœur du débat

Revenant sur la vocation initiale du CNP, M. Selhami souligne qu’« un organisme de réglementation professionnelle n’est jamais un simple organe administratif », mais qu’il « incarne une philosophie : celle de la relation entre l’État et une profession qui exerce une liberté fondamentale ». Il insiste sur le fait que, depuis sa création, le CNP repose sur un principe cardinal : l’autorégulation, comprise comme la reconnaissance que « la presse doit appartenir à ceux qui la créent et que les journalistes et les rédacteurs en chef sont les mieux placés pour définir, mettre en œuvre et faire respecter les normes déontologiques qui régissent leur profession

À son avis, remplacer cette structure par un système dominé par des nominations externes compromettrait l’équilibre de l’institution. Il met en garde contre la tentation de confier la réglementation à des membres nommés par le pouvoir exécutif, ce qui, écrit-il, introduirait « un facteur de dépendance symbolique difficile à ignorer ». Selon lui, les accréditations de presse et la déontologie professionnelle ne sont pas de simples formalités administratives, mais touchent au cœur même de la liberté d’information et de l’accès à la profession

La commission provisoire soumise à l’épreuve de la légitimité

L’éditorial reconnaît que la commission provisoire peut se justifier par la nécessité d’éviter une paralysie prolongée, mais insiste sur la différence fondamentale entre les deux modèles. Il observe que, dans la configuration précédente, l’organe reposait « principalement sur des membres de la profession, eux-mêmes élus, garantissant ainsi une légitimité professionnelle sans équivoque ». À l’inverse, la nouvelle formule, selon l’éditorial, romprait avec ce principe fondamental

Le problème, précise-t-il, n’est pas l’existence d’une commission provisoire en tant que telle, mais l’équilibre qu’elle instaure entre les représentants des journalistes et des rédacteurs, d’une part, et les représentants du gouvernement, d’autre part. À cet égard, il affirme qu’« une presse libre ne se décrète pas. Elle se construit en veillant à ce que ceux qui informent ne soient pas dépendants de ceux qui observent ». Confier la régulation à une structure perçue comme extérieure à la profession pourrait, écrit-il, « favoriser une forme d’ingérence, même si ce n’est pas l’intention affichée

Développant ce sujet, M. Selhami interroge la cohérence du modèle choisi : peut-on imaginer, demande-t-il, que l’ordre des architectes soit dirigé par des journalistes, ou l’ordre des médecins par des magistrats ? À ses yeux, le respect du principe d’autorégulation est une exigence démocratique. Le défi pour les pouvoirs publics ne consisterait pas seulement à combler un vide institutionnel, mais aussi à préserver l’idée que la presse dépend avant tout de ceux qui la pratiquent

 

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