Lors d’un entretien avec la chaîne d’information internationale i24News, le journaliste et spécialiste des questions de sécurité et militaires, Matthias Inbar, a livré une analyse particulièrement sévère du Front Polisario, le présentant comme un acteur dont les ramifications dépassent largement le cadre du conflit régional au Sahara occidental
Selon cette analyse, le mouvement séparatiste apparaît comme impliqué dans un dispositif plus vaste mêlant réseaux militants, soutien étatique et circuits financiers clandestins
L’analyste décrit une situation qu’il juge préoccupante pour les intérêts occidentaux, affirmant qu’« il existe un véritable réseau en expansion [Iran-Polisario-Hezbollah] ciblant les intérêts occidentaux et juifs », suggérant ainsi l’existence d’un ensemble de liens et d’objectifs qui vont au-delà de la simple revendication territoriale. De ce point de vue, il estime qu’une qualification terroriste du mouvement devrait être sérieusement envisagée, compte tenu de la nature des alliances et des convergences du Front Polisario
Lors de cette interview télévisée, M. Inbar décrit également le contexte politique dans lequel le mouvement évoluerait. Selon son analyse, l’organisation bénéficierait d’un soutien régional crucial, notamment grâce à ses liens étroits avec le régime algérien, liens qui durent depuis plusieurs décennies. La question du financement occupe également une place centrale dans son argumentation. Il mentionne l’existence d’agents de liaison basés en Europe, indiquant que le mouvement « recherche des sources de financement en Espagne », ce qui, selon son interprétation, reflète une stratégie visant à établir une présence économique et logistique hors du Maghreb
L’analyse présentée sur i24News s’étend également aux circuits financiers qui permettraient au mouvement de financer ses activités
À cet égard, M. Inbar souligne qu’« il existe des blanchisseurs d’argent du Polisario en Espagne utilisant des comptes liés à l’Iran et au Hezbollah », évoquant ainsi l’existence présumée de mécanismes de financement indirect reliant divers acteurs du Moyen-Orient à des agents de liaison basés en Europe
Dans son analyse globale de la situation, l’analyste estime que la menace doit être prise au sérieux, affirmant que « le Front Polisario représente aujourd’hui une menace bien réelle
Cette analyse s’accompagne d’une référence aux débats qui ont eu lieu dans certains cercles politiques américains. M. Inbar considère que « si les États-Unis le déclarent également organisation terroriste aux portes de l’Europe », la question mérite une attention particulière, car « il faut parfois tenir compte de l’avis des experts
Pour rappel, comme nous l’avons mentionné lors de la première émission, trois sénateurs américains ont déposé une proposition de loi visant à imposer des sanctions au Front Polisario en cas de coopération avérée avec des organisations terroristes affiliées à l’Iran, selon le texte officiel soumis au Congrès
Le texte législatif, intitulé « Loi de 2026 sur la désignation du Front Polisario comme organisation terroriste », précise d’emblée que « cette loi peut être citée comme la “Loi de 2026 relative à la désignation du Front Polisario comme organisation terroriste” ». Présenté par Ted Cruz, sénateur républicain du Texas, avec Tom Cotton, sénateur républicain de l’Arkansas, et Rick Scott, sénateur républicain de Floride, ce texte établit un mécanisme institutionnel de surveillance et de sanction des interactions potentielles entre le mouvement séparatiste et les entités considérées par Washington comme des organisations terroristes
Le projet de loi définit précisément les entités concernées. Il stipule que « l’expression “organisation terroriste affiliée à l’Iran” désigne toute entité iranienne désignée comme organisation terroriste étrangère en vertu de l’article 219(a) de la loi sur l’immigration et la nationalité, ou comme organisation terroriste internationale spécialement désignée en vertu du décret présidentiel 13224
Le texte précise également que la notion d’« entité iranienne » inclut explicitement des structures telles que le Hezbollah. Il stipule que « le terme “entité iranienne” désigne toute entité constituée d’une personne iranienne au sens du droit fédéral américain ou le Hezbollah ». Concernant l’organisation visée, le projet de loi indique que « le terme “Front Polisario” désigne le Front populaire de libération de Saguia el-Hamra et du Río de Oro, fondé le 10 mai 1973, ou toute organisation qui lui succédera
Rapport annuel obligatoire
Le texte stipule que le secrétaire d’État américain doit soumettre un rapport annuel aux commissions parlementaires compétentes sur toute coopération entre le Front Polisario et des organisations terroristes affiliées à l’Iran. Chaque rapport doit comporter une évaluation de la fourniture ou de la réception par le Front Polisario d’un « soutien armé lors d’opérations militaires », de « systèmes d’armes, y compris les armes légères à usage individuel », de « drones, y compris les composants commerciaux », de « systèmes ou composants destinés à détecter, suivre, attaquer ou détruire des cibles aériennes » et de « renseignements militaires, notamment les données de surveillance, les informations de ciblage, les renseignements humains ou les signaux, ainsi que toute analyse qui en découle
Le texte stipule que le rapport doit couvrir une période de dix ans antérieure à la promulgation de la loi pour le premier rapport et entre deux rapports successifs pour les rapports suivants. Enfin, il précise que « l’évaluation requise doit être soumise sous forme non classifiée










عذراً التعليقات مغلقة