Mineurs isolés en Espagne : Le Parlement se saisit du dossier

Admin10 فبراير 2021آخر تحديث :
Mineurs isolés en Espagne : Le Parlement se saisit du dossier

Le sort des mineurs marocains isolés chez le voisin ibérique devient de plus en plus préoccupant. Suite à l’incident de Tafira dans un centre pour mineurs des Îles Canaries, les députés haussent le ton contre l’Exécutif.

Dans la foulée de la crispation qui traverse les relations entre le Maroc et l’Espagne, les conditions de nos concitoyens résidant chez le voisin ibérique ne cessent d’inquiéter l’opinion publique, d’autant que la montée de l’extrême droite, incarnée par le parti Vox, ne laisse personne indifférent.

Le Parti de Santiago Abascal, avec son discours martial vis-à-vis des immigrés, et sa haine manifeste à l’égard du Royaume, semble transmettre son animosité à l’appareil policier espagnol dans sa façon de traiter les immigrés et notamment les enfants mineurs marocains. En témoigne l’incident qui a bouleversé les Marocains, offusqués des sévices infligés à des mineurs par des gardes de la Police espagnole dans un centre de migration à Tafira, aux Îles Canaries. Cette séquence fut filmée et partagée à grande échelle sur les réseaux sociaux, provoquant ainsi l’indignation générale.

Les députés entrent en ligne

Le ministère des Affaires étrangères n’a pas manqué de réagir à ce traitement dégradant et inhumain, en convoquant l’ambassadeur espagnol en guise de protestation, exigeant plus de protection pour les mineurs marocains. L’affaire ne s’est pas arrêtée là et a aussitôt fait son entrée au Parlement. Lors de la séance plénière hebdomadaire consacrée aux questions orales au gouvernement, tenue lundi 8 février, la députée istiqlalienne Saïda Aït Bouali a interpellé la ministre déléguée chargée des Marocains résidant à l’étranger Nezha El Ouafi sur cet incident, et sur les mesures prises par l’Exécutif pour la protection et le rapatriement des mineurs, ajoutant que d’autres incidents de même nature ont eu lieu auparavant, sans que le gouvernement n’ait manifesté la fermeté qu’exige ce genre de situation. « Le Maroc n’abandonnera jamais aucun de ses ressortissants », a répliqué la ministre, annonçant qu’une enquête a été ouverte à ce sujet par la Justice espagnole, et que l’ambassadrice du Royaume en Espagne suit de près ce dossier.

Le spectre de la xénophobie

Les tourmentes subies par les mineurs ne sont que la partie visible de l’iceberg. Ces derniers, qui se comptent par centaines, vivent dans des conditions déplorables. Une grande partie d’entre eux est jetée à la rue, et subit des affronts à longueur de journée, selon la députée Saïda Aït Bouali qui a rappelé qu’ils sont toujours confrontés aux périls de la drogue, de l’exploitation sexuelle, de la délinquance ainsi que la brutalité et la violence policières.

Par ailleurs, d’autres députés ont fait part de leur crainte vis-à-vis de la vague de xénophobie qui gagne du terrain dans plusieurs pays d’accueil, notamment en Espagne dont « la politique discriminatoire envers les immigrés marocains » est de plus en plus palpable, selon l’expression des députés de l’opposition. Nezha El Ouafi a indiqué que son département a mobilisé le réseau consulaire dans plusieurs pays européens pour recevoir les plaintes et les réclamations, en mettant 600 avocats d’origine marocaine à disposition des MRE en cas de besoin. L’objectif est de renforcer leur protection.

Anass MACHLOUKH

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