Lors d’une audition à huis clos au Congrès des députés, un responsable de la brigade de renseignement de la province de Barcelone a déclaré que les autorités marocaines n’avaient imposé « aucune restriction ni aucun obstacle » au travail des enquêteurs espagnols dépêchés au Maroc après les attentats du 17 août 2017. Selon son exposé, les services marocains ont assuré un « respect scrupuleux de la hiérarchie », ont partagé des « résultats génétiques décisifs » et ont fait preuve d’une « vigilance prioritaire quant à la clarification des faits concernant Abdelbaky Es Satty », que l’imam de Ripoll considérait comme le cerveau des attentats
L’audition, qui s’est tenue dans une salle adjacente afin de préserver l’anonymat du responsable, portait sur l’exécution d’une commission rogatoire demandée par le juge d’instruction espagnol. Le chef de section a relaté son voyage au Maroc du 10 au 14 décembre 2017, accompagné d’un inspecteur du Commissariat général à l’information. L’objectif de ce voyage était d’aider les autorités marocaines à obtenir des échantillons d’ADN auprès des proches de l’imam et à tenter d’identifier un domicile qu’il fréquentait avant les attentats
Il a précisé que, dans ce contexte, les agents espagnols n’agissaient qu’en qualité d’observateurs ; la mise en œuvre effective des actions relevait de la seule responsabilité des autorités nationales requises. Selon lui, « si la moindre irrégularité avait été constatée, elle aurait été immédiatement signalée aux autorités marocaines et au juge d’instruction ». Aucune anomalie n’a été observée, les procédures ayant été jugées « comparables à celles appliquées en Espagne et dans d’autres pays européens
Respect de la chaîne de possession et transmission des rapports d’expertise
Le responsable a détaillé la procédure relative aux échantillons prélevés auprès de la famille d’Abdelbaky Es Satty. Les échantillons ont été envoyés au laboratoire médico-légal de Casablanca avant que les résultats ne soient transmis à la Cour d’appel de Rabat pour être inclus dans la commission rogatoire émise par le tribunal espagnol
Il a souligné que le transfert de restes humains entre États est interdit afin de préserver l’intégrité des preuves. Selon ses propres termes, « ce ne sont pas les restes qui voyagent, mais les documents », et seuls les rapports d’expertise sont communiqués aux autorités requérantes. Les conclusions des analyses marocaines ont confirmé celles déjà établies en Espagne sur la base des éléments recueillis à Alcanar et Ripoll
Perquisitions domiciliaires et coopération antiterroriste
Les enquêteurs ont également tenté de localiser une résidence que l’imam aurait pu occuper avant les attentats. Les autorités marocaines ont interrogé des personnes susceptibles d’avoir eu un lien avec lui. Toutes ont indiqué que la famille n’avait pas été vue dans la région depuis au moins sept ans, et il n’a pas été possible d’identifier formellement l’adresse recherchée ni d’y effectuer de perquisitions
Interrogé sur une éventuelle demande d’examen d’images de vidéosurveillance ou de perquisitions aux frontières du Maroc, le chef de section a déclaré ne pas se souvenir d’une telle procédure. Il a souligné la difficulté inhérente à ce type de demande hors d’Espagne, qui exige une délimitation précise des lieux et des dates. Il a fait observer qu’« on ne peut demander à un service étranger d’examiner indistinctement toutes les caméras d’un pays
En réponse à Llanos de Luna, député du Parti populaire, il a réaffirmé que les enquêtes relevaient de la seule responsabilité des autorités marocaines, les représentants espagnols se limitant à une présence d’accompagnement. Enfin, il a souligné le rôle central des services marocains dans les enquêtes antiterroristes conjointes avec l’Espagne, qualifiant cette coopération de « franche et constante » et notant que les interventions marocaines s’étaient révélées décisives à plusieurs reprises













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