La Constitution a accordé au parlement de 2011 une quasi-exclusivité en matière législative, tout en portant le nombre de domaines législatifs à 60, contre 30 dans la Constitution de 1996, ce qui renforce la prédominance de l’hémicycle en matière d’approbation des lois.
Rabat, 18 août 2021 (MAP) – Avec la fin de la cinquième année législative de la dixième législature, l’expérience parlementaire marocaine aura connu un processus évolutif qui, sur plus de cinq décennies, a opté pour le multipartisme comme fondement de la pratique politique du pays.
En effet, le Parlement marocain a connu une série d’évolutions au niveau de sa structure, ainsi que de ses fonctions selon les différents amendements constitutionnels, puisque le bicamérisme a été instauré, juste après l’indépendance, avec la première Constitution du 14 décembre 1962, passer à un système parlementaire monocaméral avec la Constitution de 1970, avant de revenir au bicaméralisme avec la Constitution de 1996.
Au fur et à mesure de l’évolution de l’expérience parlementaire marocaine, la Constitution de 2011 a marqué un tournant dans le renforcement des prérogatives de la chambre, à travers la consécration du pouvoir du parlement comme source unique de législation, en matière de contrôle parlementaire, la renforcement de son rôle dans l’évaluation des politiques publiques, en complément des missions multiples de l’institution législative dans le cadre de la diplomatie parlementaire et de son ouverture sur l’environnement national et international
Ainsi, après la Constitution de 1962, la première législature (1963/1965) a commencé son parcours avec un parlement bicaméral, en l’occurrence une Chambre des représentants de 144 membres élus au suffrage universel direct pour un mandat de quatre ans, et une Chambre des représentants Des conseillers avec 120 députés élus au suffrage universel indirect, dont la moitié devait être renouvelée tous les trois ans.
La législature suivante (1970/1971) fonctionna avec un parlement monocaméral, en l’occurrence une Chambre des représentants de 240 députés, dont 90 élus au suffrage universel direct, 90 représentant les collectivités locales et 60 des chambres professionnelles.
L’expérience parlementaire marocaine s’est poursuivie avec une chambre unique pendant la troisième législature (1977/1983) avec 267 députés, la quatrième (1983/1992) avec 306 membres et la cinquième (1997/1997) avec 333 députés.
Avec l’adoption de la Constitution de 1996, le Maroc est revenu au bicamérisme avec l’élection lors de la sixième législature (1997/2002) d’une Chambre des représentants de 325 membres élus au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans, dont 295 circonscriptions et 30 au niveau national, et une Chambre des conseillers de 270 députés élus pour un mandat de neuf ans, dont les trois cinquièmes sont élus dans chaque région du Royaume par un collège électoral composé de représentants des collectivités territoriales, et les deux cinquièmes restants sont élus au niveau national par des organes représentant les chambres professionnelles et les représentants des travailleurs.
La même composition a été maintenue pendant la septième législature (2002/2007) et la huitième (2007/2011).
En vertu de la Constitution de 2011, le Parlement de la neuvième législature (2011/2016) était composé d’une Chambre des représentants de 395 membres élus directement au scrutin de liste, et d’une Chambre des conseillers de 120 membres, dont 72 représentés au collectivités locales, 20 dans les chambres professionnelles, 08 dans les organisations professionnelles d’employeurs et 20 dans les travailleurs.
La Constitution de 2011 comprend une série de dispositions visant à renforcer le système bicaméral et ses prérogatives, par l’octroi de nouveaux pouvoirs qui lui permettent de remplir ses missions représentatives, législatives et de contrôle, telles que l’évaluation des politiques de contrôle parlementaire effectif établi à travers la la réduction du seuil nécessaire à la présentation d’une motion de censure, la création de commissions d’enquête, la saisine de la Cour constitutionnelle et la tenue de sessions extraordinaires.
La Loi fondamentale a donné au chef du gouvernement le droit de présenter une déclaration sur le travail de son cabinet pour répondre aux questions sur les politiques publiques, tandis que la Chambre des représentants a désormais un rôle principal dans l’adoption de la législation, et la législation de l’opposition. a reçu un statut spécial et des mécanismes efficaces pour renforcer son rôle et sa contribution aux travaux parlementaires.
La Constitution a également élargi les pouvoirs de la première chambre et a donné à la Chambre des conseillers un rôle privilégié dans la délibération des affaires de dimension régionale ou de nature sociale et économique, en la transformant en un espace au service des citoyens.
La Constitution a accordé au parlement de 2011 une quasi-exclusivité en matière législative, tout en portant le nombre de domaines législatifs à 60, contre 30 dans la Constitution de 1996, ce qui renforce la prédominance de l’hémicycle en matière d’approbation des lois.
Les projets de loi transmis par le Gouvernement sont présentés par ordre de priorité au bureau de la Chambre des représentants, à l’exception des projets de loi relatifs aux collectivités territoriales, à l’aménagement du territoire et aux questions sociales, qui sont présentés par ordre de priorité au bureau de la Chambre des conseillers. .
Les projets et propositions sont présentés pour débat et approbation aux commissions correspondantes des deux chambres, puis ils sont présentés pour leur examen et vote en séance plénière, avant d’être soumis, selon leur nature, à l’une des deux chambres, compte tenu du fait que le vote final est effectué par la Chambre des représentants en cas d’incohérence entre la version adoptée par l’une des deux chambres.
En matière de contrôle, les commissions permanentes correspondantes des deux chambres du Parlement peuvent convoquer les responsables des administrations, des institutions et des entreprises publiques en présence des ministres responsables et sous leur responsabilité, tandis que les deux chambres peuvent créer des commissions provisoires d’enquête et présenter des rapports sur les événements pour lesquels ils ont été créés afin de les examiner et de les approuver en séance plénière.
Une séance plénière hebdomadaire est consacrée aux questions et réponses orales du Gouvernement, tandis que le Chef du Gouvernement est tenu de répondre aux questions liées aux politiques publiques en séance mensuelle, tandis que le Chef du Gouvernement est tenu de répondre aux questions liées aux politiques publiques. lors d’une session mensuelle de questions locales.
Le chef du gouvernement présente le rapport d’activité de son cabinet à l’hémicycle et le parlement consacre une session annuelle à l’examen et à l’évaluation des politiques publiques.
Parallèlement, le Parlement s’emploie, dans le cadre de sa mission diplomatique inscrite dans les nouvelles dispositions constitutionnelles, à consolider le rayonnement international du Royaume, à défendre des causes nationales justes et à renforcer la coopération internationale, à travers les contrôles parlementaires qui constituent un puissant levier pour mettre en évidence les enjeux prioritaires pour le Maroc en matière de développement, notamment dans les domaines économique, social et culturel.
De toute évidence, l’expérience parlementaire marocaine, avec la légitimité que lui confère une série de réalisations sur un demi-siècle, a parcouru un chemin tout à fait singulier pour devenir un modèle authentique de la Constitution de 2011 ancrée magistralement comme une réalité palpable.













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