Le projet saoudien de transférer les dirigeants du Hamas à Alger est-il viable ?

euromagreb22 ديسمبر 2023آخر تحديث :
Le projet saoudien de transférer les dirigeants du Hamas à Alger est-il viable ?

Selon le journal français Le Monde, dans un plan de sortie de crise à Gaza, le Royaume d’Arabie Saoudite propose l’exfiltration des principaux dirigeants du Hamas vers l’Algérie.

Dans un document confidentiel transmis au Quai d’Orsay, l’ Arabie saoudite propose le déploiement d’une force arabe de maintien de la paix à Gaza et l’évacuation des dirigeants du Hamas vers la capitale algérienne.

C’est l’esquisse d’un plan qui s’inscrit dans le cadre des nombreuses initiatives saoudiennes visant à mettre fin aux hostilités entre l’armée israélienne et les brigades El-Kassam du mouvement Hamas.

Plan en deux points 

En tant que présidente du comité arabo-islamique issu du sommet de Riyad le 11 novembre, l’Arabie saoudite intensifie ses efforts sur la scène internationale pour résoudre la difficile équation israélo-palestinienne. Pour ce faire, elle a élaboré un plan en deux points, comme évoqué ci-dessus.

Si le déploiement d’une force arabe de maintien de la paix ne semble poser aucun problème, il n’en va pas de même pour l’exfiltration des dirigeants du Hamas vers Alger.
Une idée qui n’est pas sans rappeler l’évacuation du Liban vers l’Algérie d’un grand nombre de combattants palestiniens en 1982. La situation algérienne a complètement changé et l’Algérie de 2023 n’est plus l’Algérie des années 1980.

L’Algérie et le Hamas

Il faut souligner que la proposition saoudienne repose sur les bonnes relations de l’Algérie avec l’Iran et le Qatar, les deux principaux soutiens du Hamas. Mais l’Algérie n’est plus en odeur de sainteté auprès du groupe islamiste palestinien.

En effet, depuis le début des hostilités le 7 octobre, pas un seul communiqué des autorités algériennes n’évoque le rôle de résistance joué par le Hamas. Pas la moindre communication avec ses dirigeants. Même l’ancien président du Mouvement pour la société de la paix (MSP), Abderrazak Makri, qui avait dû s’arrêter à Doha pour rencontrer le leader du Hamas, Smaïl Henia, avant de poursuivre vers Kuala Lumpur, s’est vu interdire de quitter le territoire algérien.

Les relations entre Alger et le Hamas se sont détériorées pour la première fois en octobre, lorsque les Algériens ont refusé d’accepter la demande de Smaïl Henia de participer au sommet arabe d’Alger. À partir de ce moment-là, une rupture éclate entre les deux partis. Le soutien de l’Algérie à la cause palestinienne pendant la crise de Gaza était risible.

Il s’agissait d’un avion cargo transportant de l’aide humanitaire envoyé quinze jours après le début de l’offensive israélienne contre Gaza. Aucune action diplomatique du régime algérien pour soutenir le Hamas face à des Etats influents. Aucun message de soutien aux dirigeants du Hamas. Il a même été interdit à la population algérienne de sortir et d’afficher son soutien à la cause palestinienne. C’est ce qui a amené un observateur politique à affirmer que « avec son silence complice et son inertie, l’Algérie s’est révélée être un défenseur sans précédent d’Israël ».

Il faut souligner que la proposition saoudienne a été faite sans consulter Alger. Cela est dû à la fraîcheur des relations entre les deux pays. Il s’agit d’une grave erreur de la part de Riyad, qui implique l’une des parties dans son plan sans consultation préalable. Tout comme le Hamas n’a pas été consulté. Cela ne présage en rien du succès d’un projet aussi ambitieux.

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