Lettre de Lahcen Haddad au rédacteur en chef d’el Confidencial

euromagreb15 يوليو 2025آخر تحديث :
Lettre de Lahcen Haddad au rédacteur en chef d’el Confidencial

À l’attention de la rédaction d’el Confidencial

Je vous écris non pas par hostilité, mais par profonde inquiétude. En tant que citoyen marocain, personnalité publique et défenseur d’un dialogue sincère entre le Maroc et l’Espagne, je me sens obligé de réagir à la couverture médiatique de M. Ignacio Cembrero, dont la carrière, au fil des ans, a constamment reflété une partialité évidente, un penchant pour la provocation et une dangereuse tendance à la spéculation déguisée en analyse.

Ce n’est pas nouveau. M. Cembrero a depuis longtemps démontré qu’il avait abandonné le rôle du journaliste en quête de vérité pour devenir un commentateur militant, obsédé par la présentation du Maroc comme une menace constante. Ses derniers reportages – sur le prétendu « Comité pour la libération de Ceuta et Melilla » ou sur une prétendue campagne de pression marocaine contre le Parti populaire – ne répondent pas aux normes d’un journalisme rigoureux, mais plutôt à un récit de suspicion alimenté sans preuves, sans sources officielles ni contexte.

Présenter les actions marginales de trois individus sans lien avec l’État comme une manœuvre délibérée de Rabat est tout simplement faux et profondément irresponsable. Ce comité n’a aucune existence institutionnelle, aucune légitimité politique et aucun soutien officiel. Pourtant, M. Cembrero insiste, à maintes reprises, sur le fait que tout ce qui est marocain est synonyme d’opacité, de menace ou de manipulation.

Le Maroc ne représente pas une menace pour l’Espagne. C’est un État souverain, doté d’une diplomatie légitime, qui défend ses intérêts comme tout autre pays et recherche le respect mutuel, et non la confrontation. Mais dans les écrits de M. Cembrero, le Maroc n’est jamais un partenaire, un voisin ou une puissance émergente. Il est toujours une sombre énigme, une nuisance à surveiller, un « autre » à contenir.

J’ai répondu publiquement à plusieurs de ses affirmations, avec des arguments solides, un contexte historique et une volonté de débattre. Il a répondu, oui, mais seulement pour réaffirmer son parti pris, confirmant ce qui était déjà évident : sa position n’est pas critique, mais militante. Et, plus récemment, il a choisi de me bloquer sur les réseaux sociaux, un geste symbolique qui en dit long sur son malaise face au dialogue et à l’échange d’idées.

La critique légitime fait partie du journalisme. L’obsession, non. Et lorsqu’un média laisse la frontière entre dissidence et diffamation s’estomper, il risque de nuire non seulement à l’image d’un pays, mais aussi à la crédibilité du journalisme lui-même.

Avec le plus grand respect, j’invite El Confidencial à réfléchir à l’impact de ses propos. L’Espagne et le Maroc méritent une couverture médiatique honnête, informée et responsable. C’est la voie vers une relation fondée sur la vérité et le respect mutuel

Sincèrement,
Lahcen Haddad
Député marocain
Ancien ministre du Tourisme
Rabat, Maroc

 

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