La police tunisienne arrête d’anciens juges limogés par le président, selon un avocat et des médias
TUNISIA, 12 février (Reuters) – La police tunisienne a arrêté dimanche deux anciens juges évincés par le président Kais Saied l’an dernier, ont indiqué un avocat et des médias locaux, au deuxième jour d’une vague d’ arrestations de personnalités éminentes , dont hommes politiques et homme d’affaires.
Bechir Akremi et Tayeb Rached, qui faisaient partie des dizaines de juges et de membres du pouvoir judiciaire limogés en 2022, ont été arrêtés par la police, a déclaré à Reuters Anouar Awled Ali, un avocat proche des affaires.
La station de radio locale Mosaïque FM a déclaré que l’arrestation d’Akremi était liée à l’enquête sur le meurtre il y a dix ans du militant politique Chokri Belaid. Il a ajouté que l’arrestation de Rached était due à des soupçons de corruption financière.
Tunisie, l’atteinte à l’indépendance judiciaire continue
Samedi, la police a arrêté plusieurs personnes soupçonnées de complot contre la sûreté de l’État. Parmi les personnes arrêtées figuraient l’ancien ministre des Finances Khayam Turki, Abd El Hamid Jlassi, un ancien haut responsable du parti islamiste Ennahda, et Kamel Ltaif, un homme d’affaires étroitement lié aux gouvernements de coalition successifs.
Un porte-parole du ministère de l’Intérieur n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire sur les arrestations.
Ennahda, le plus grand parti d’opposition, a déclaré que les arrestations visaient à intimider les opposants au président tunisien.
Les groupes de défense des droits ont exprimé une inquiétude croissante concernant les libertés politiques en Tunisie depuis que Saied a pris la plupart des pouvoirs en 2021 et ses démarches pour assumer l’autorité suprême sur le pouvoir judiciaire.
Kais Saied traite de traîtres tous ceux qui ne le suivent pas
Les opposants politiques de Saied, qu’il a qualifiés de traîtres, l’ont accusé d’un coup d’État visant à démanteler la démocratie construite après la révolution de 2011.
Le président a nié ces accusations, affirmant que ses démarches étaient légales et nécessaires pour sauver la Tunisie du chaos. Il a promis de défendre les droits et les libertés acquis lors de la révolution.
Ces derniers mois, les autorités ont arrêté ou ouvert des enquêtes sur un certain nombre d’opposants politiques de Saied.
Reportage de Tarek Amara; Edité par Paul Simão











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